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LE BILAN DU MANDAT



Nous poursuivons l’analyse du bilan de la mandature qui s’achève, par le CCAS et l’urbanisme...


1) LE CCAS

Les « collectifs » du CCAS : des modèles de démocratie participative ou une manière subtile de soustraire certains projets du débat public ?

Ils font partie du dispositif de la démocratie participative à la mode de St Barth. Mais leur fonctionnement est opaque et certaines des orientations qui y sont proposées sont mises en application sans que le conseil municipal ou même le conseil d’administration du CCAS ne soient saisis. Est-ce normal ?

LES ACTUS


Petite Enfance et Jeunesse : un bilan intéressant et utile pour l’action !
La commission de l’Enfance et de la Jeunesse vient d’analyser le bilan exhaustif des actions menées au cours de l’année 2011. Ce bilan donne, secteur par secteur, des indications très intéressantes sur les évolutions dont il y a lieu de tenir compte dans les années à venir...

Petite enfance : feu de tout bois...

Restructuration et extension de Pigeon Vole, création d’une MAM, projet d’une crèche interentreprises... la petite enfance est "chouchoutée"...

LES ACTUS DU MOIS

    Pigeon Vole : le prix s’envole !

     Entre la programmation de départ d’un équipement et le projet qui naît des cogitations des architectes après des réflexions plus poussées, il est extrêmement rare que les éléments de programme soient revus à la baisse et que les estimations du départ soient tenues...

     La crèche parentale Pigeon-Vole n’a pas échappé à la règle : l’avant-projet sommaire présenté par l’architecte modifie très sensiblement les intentions originelles et l’ « ardoise » finale va évidemment s’en ressentir. Mais il s’agit du bien-être de nos « chères têtes blondes » et quand on aime, on ne compte pas !

Le centre social

Le Centre Social 

Si vous interrogez l’homme de la rue à St Barth pour lui demander ce qu’est le Centre Social et comment il fonctionne, le nombre de personnes qui seront capables de vous répondre ne sera pas très élevé. Et pour cause ! Celui-ci, qui avait pignon sur rue à la Mésangerie jusqu’en 2006, a perdu sa visibilité et fonctionne maintenant dans l’ombre du CCAS, au sein d’une structure municipale qui mène de front l’action sociale et l’animation socioculturelle et d’une organisation pour le moins opaque et difficile à décrypter pour le citoyen lambda.

Et pourtant le centre social existe et il travaille !

Lorsque le transfert a été réalisé dès 2006, les différents secteurs d’activité qui existaient ont été maintenus, voire élargis : la jeunesse (auquel a été adjoint le conseil municipal des jeunes), les retraités, le handicap, l’inter génération, la vie associative... Un nouveau secteur a été créé : la famille. Chaque secteur se voit assigné des objectifs généraux et généreux comme la citoyenneté, le lien social, l’intégration dans la cité, la lutte contre l’isolement... Alors qu’auparavant, chaque secteur était animé directement par un élu référent chargé d’impulser le travail des bénévoles et des associations, aujourd’hui le Centre Social fonctionne sous la forme d’un conseil de maison, constitué de trois collèges eux-mêmes structurés en binômes : élus et administration, associations, bénévoles cooptés. Ce conseil est divisé en collectifs correspondant à chaque domaine d’intervention, chaque collectif étant animé par le responsable de service qui a en charge le domaine concerné à la mairie ou au CCAS. La coordination est faite par le CCAS. Tout ça n’est pas d’une grande limpidité pour les spécialistes et encore moins pour le grand public et ce d’autant moins que rien du travail concret mené par ces collectifs ne  transpire à l’extérieur.

Si un certain nombre de projets mis en place à partir des initiatives associatives ont été supprimés (le carnaval, la « bartholoméenne »…) ou quelque peu vidés de leur contenu comme ceux de la commission des aînés, il serait cependant injuste de dire que le bilan du Centre Social depuis quatre ans serait insignifiant :
1)La famille, dont la création est encore récente, est en phase d’expérimentation pour tenter de recréer certains liens familiaux plus ou moins distendus
2) La jeunesse avec un PIJ qui accueille près de 500 visiteurs par an, un conseil municipal des jeunes (20élus pour deux ans) et qui devrait voir cette année se réaliser son premier projet (un « crottodrome » au parc de l’Europe), des animations diverses, l’intergénération...
3) Les retraités avec le voyage annuel, le printemps des aînés, les animations diverses...
4) Le handicap qui veille à une meilleure insertion des handicapés dans la cité en menant des actions pédagogiques 5) et enfin la vie associative qui trouve un soutien logistique au CCAS (salles de réunions, moyens bureautiques...) mais qui déplore aujourd’hui la disparition de l’association de la Mésangerie qui constituait un lieu d’échange, de formation et d’impulsion pour les bénévoles associatifs. Le collectif concerné a cru nécessaire de lancer une concertation sur le bénévolat  pour suppléer le travail de la Mésangerie.

Beaucoup de bénévoles y croient encore et donnent beaucoup d’eux-mêmes pour créer du lien social sous des formes multiples. Les moyens dont ils disposent restent importants et ils sont encore plus ou moins soutenus, avec cependant un risque important de désaffection à la Paperie si l’association se sent abandonnée. Mais un sentiment diffus  prédomine : celui d’un gâchis et d’une organisation « phagocytée » par l’administration communale et qui aurait un peu perdu son âme !

La Maison de Quartier de la Paperie

                                                  
Vous avez peut-être encore en mémoire les péripéties qui ont agité la vie de la Maison de la Paperie lors de la campagne des élections municipales inopinées de 2006 : à l’époque l’avenir était radieux… Depuis le vent a tourné et nos élus municipaux sont en train de s’interroger sur l’opportunité ou non de renouveler le contrat de celle qui anime cette maison de quartier depuis plus de cinq ans. Il y aurait une économie de 35000€ à la clef et alors qu’il faut serrer la vis des dépenses, c’est évidemment bon à prendre. Vu sous cet angle, il n’y aurait donc pas à hésiter !

Mais, comme cela avait été le cas pour la fermeture de l’école de la Venaiserie, n’aborder ce genre de problème que sous l’angle strictement financier peut conduire à des erreurs d’appréciation dont les conséquences peuvent être graves !

Si la municipalité avait décidé à une certaine époque la création d’un équipement propre au quartier de la Paperie alors qu’il existait des équipements centraux rayonnant sur tous les quartiers, c’est qu’elle avait des raisons. Pourquoi en effet créer un accueil pour les enfants de la Paperie plutôt que de les envoyer au CLSH de la Jaudette ? Pourquoi créer des animations spécifiques dans un équipement créé de toute pièce sur ce quartier alors que le CCAS (avec son centre social) propose des animations pour toute la ville ? Aujourd’hui l’environnement social du quartier aurait-il changé au point que toutes ces bonnes raisons auraient disparu comme par miracle et que ce quartier pourrait se passer dès maintenant des animations créées spécifiquement pour lui ?

Avant de décider quoi que ce soit, il faut bien mesurer tous les enjeux dont il est question. Voici quelques éléments de réflexion pour anticiper un peu ce qui va se passer dans les années qui viennent et dont il convient de tenir compte…

1) L’environnement social du quartier n’a pas fondamentalement changé et avec ses nombreux logements sociaux aux loyers relativement accessibles pour toutes les bourses, ce quartier va continuer à attirer des familles qui sont pour beaucoup d’entre elles en situation de précarité, voire de pauvreté ou d’exclusion. La crise en cours aurait même tendance à accroître ces difficultés.

2) Il est indéniable que le public qui fréquente la Maison de Quartier de la Paperie est quelque peu différent en raison de l’accueil spécifique qui lui est réservé et des horaires d’ouverture. Il est donc probable que beaucoup de personnes qui se trouvent à l’aise dans cet équipement, n’iraient nulle part ailleurs et seraient donc privées de tout lien social si cet accueil spécifique n’existe plus. Où les personnes du quartier en situation d’exclusion sociale pourront-elles se retrouver ailleurs que dans leur « maison » ? Où les enfants qui reçoivent du soutien scolaire et un encadrement approprié, trouveront-ils ailleurs le même accueil ?

3) Considérer que cet équipement peut fonctionner avec exclusivement des bénévoles constitue probablement une grave erreur d’appréciation : dans ce quartier comme partout ailleurs, le bénévolat vieillit et s’épuise…

4) Le quartier est appelé à une grande mutation dans les années qui viennent avec la construction de quelque 1000 logements nouveaux. Est-ce au moment où les premiers nouveaux habitants vont arriver qu’il faut réduire le niveau et la qualité des services dans le quartier ? L’ambition ne consiste-t-elle pas, à travers une meilleure mixité sociale, à transformer l’image de ce quartier et à en faire un quartier comme tous les autres à St Barth ?

5) Au-delà des missions actuelles qu’elle remplit avec efficacité et une grande conscience professionnelle, ne faut-il pas s’interroger sur l’élargissement du rôle de cette animatrice à une nouvelle fonction d’accueil des nouveaux habitants pour bien réussir leur intégration dans le quartier ?

Si au terme de ce questionnement, on considère toujours que tout cela ne vaut pas 35000€ de coût annuel et qu’on peut en faire l’économie, eh bien économisons-les ! Mais il y a des secteurs où on se pose moins de questions et où l’argent public est dépensé à moins bon escient…